En cette Journée Internationale des Droits de Femmes, nous avons voulu mettre à l’honneur une femme engagée, ancrée dans l’air du temps et qui n’hésite pas à s’impliquer pour faire évoluer les mentalités. Voici le portrait de Fiona Lecat, troisième ligne au Stade Toulousain, joueuse internationale à seulement 23 ans (24 ans samedi prochain) et représentante du pilier « Equité Homme / Femme » au sein de la stratégie RSE du club Rouge et Noir.

Bonjour Fiona et merci de nous accorder cette interview en ce jour particulier. Peux-tu nous dire ce que représente cette Journée Internationale des Droits des Femmes à tes yeux ?

Bonjour et merci à vous de nous interroger sur ce sujet capital !
C’est une journée symbolique, qu’il ne faut surtout pas oublier, car des milliers de femmes se sont battues pour avoir des droits dont nous pouvons bénéficier aujourd’hui. Je crois que nous devons être fières de perpétuer les valeurs et les idéaux défendus depuis des années par d’autres femmes et s’inspirer de leurs actions.

Le Stade Toulousain s’engage sur le volet de « L’équité Homme / Femme », un des principaux volets de sa stratégie RSE. En quoi consiste-t-il ?

Cette année, notre club a défini une Stratégie RSE référençant de nombreux champs d’actions. Nous (les femmes) avons la chance d’y figurer autour d’un pilier qui lutte contre les discriminations. Plus précisément, nous nous sommes centrées sur la place des femmes dans la société et dans le sport. Des actions sont mises en place pour développer la pratique du sport et du rugby féminin, tout en valorisant le rôle des femmes dans notre quotidien.

Nous avons notamment créé un partenariat avec l’action « Rebond », qui oeuvre depuis plusieurs années auprès de jeunes filles. L’objectif est de les sensibiliser à leur intégration dans la société à travers le sport et en l’occurence, le rugby. Nous avons établi des groupes de travail composés de 6 joueuses de l’Equipe 1 du Stade Toulousain, qui se rendent tous les lundis soirs dans différents quartiers, à la rencontre des jeunes filles, pour pratiquer le rugby. Ces moments sont très appréciés puisqu’ils permettent de partager, de discuter et de transmettre, autour de sujet divers et variés. Nous souhaitons que ces séances aient un impact positif sur leur comportement et leur donnent confiance en elles dans la vie.

Trouves-tu que les mentalités évoluent dans le bon sens à ce niveau ?

Selon moi oui. Evidemment, nous pouvons toujours faire mieux mais je trouve que la considération des femmes dans le sport, les entreprises et plus généralement, la société, tendent à évoluer positivement. Beaucoup d’indicateurs le prouvent et le plus représentatif, à mon sens, est celui de l’augmentation du nombre de femmes à des postes cruciaux, à enjeux et responsabilités. Les échanges se font également plus naturellement dans les prises de décisions. 

Si nous prenons l’exemple du sport, la pratique féminine prend un ampleur indéniable au sein des fédérations et de la représentation collective, ce qui revêt une importance capitale.

L’équipe féminine du Stade joue les premiers rôles dans le championnat d’Elite 1. Est-ce que votre métier de rugbywoman tend à se professionnaliser ? Est-ce un objectif ?

Actuellement, le modèle du rugby masculin est encore aux antipodes de son homologue féminin. Peut-être qu’ils ne seront jamais similaires au regard du manque de moyens du secteur féminin. Je pense aux clubs qui tentent de développer des catégories de jeunes filles et qui doivent se résigner à cause du manque d’équipes à affronter mais aussi aux difficultés financières actuelles liées à la crise de la Covid-19.

Cependant, le rugby féminin possède une réelle volonté pour tendre à se professionnaliser, au moins en partie. C’est le travail réalisé au quotidien par les instances de notre sport, symbolisé par l’émergence des contrats fédéraux pour les filles jouant avec le XV de France. Les joueuses internationales sont quasiment professionnelles à temps plein et la situation promet de s’améliorer, encore, dans les années à venir.

Pour conclure, y a-t-il une femme qui t’inspire ?

J’ai toujours été sensible aux actions menées par Simone Veil et aux avancées qu’elle a permis d’apporter au sujet des droits des femmes. J’ai lu bon nombre de ses ouvrages et de livres la concernant. Cette Femme avec un grand « F » m’a marquée et inspirée. J’aurais pris un immense plaisir à la rencontrer, comme beaucoup de filles je suppose.